Santé et sécurité au travail : un levier de marque employeur à ne plus négliger

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Valoriser sa politique de santé et sécurité au travail (SST) est devenu un levier direct d’attractivité et de rétention. En 2024, les accidents du travail ont généré plus de 78 millions de journées non travaillées, l’équivalent de 334 000 emplois à temps plein perdus. Dans le même temps, le BMO 2026 de France Travail indique que 32 % des employeurs confrontés à des difficultés de recrutement citent le déficit d’image de l’entreprise ou du secteur comme cause principale, un chiffre en hausse de 15 points en un an. Investir dans la SST, c’est agir simultanément sur deux fronts : réduire les coûts directs de la santé et renforcer sa capacité à recruter et à fidéliser.

L’essentiel à retenir

  • La SST est un argument de recrutement mesurable : les candidats, notamment les moins de 35 ans, intègrent de plus en plus les conditions de travail dans leur choix d’employeur.
  • Le thème 2026 de l’OIT est les risques psychosociaux : charge de travail, clarté des rôles, soutien manégial, autonomie. Ce sont aussi les premiers leviers de fidélisation des collaborateurs.
  • Les maladies professionnelles progressent (+6,7 % en 2024) : les TMS et les affections psychiques constituent l’essentiel de la sinistralité à venir. Prévenir coûte moins cher que réparer.
  • Une politique SST crédible passe par des actions concrètes, documentées et communiquées : elle ne se limite pas à l’affichage obligatoire.
  • France Travail accompagne les entreprises dans leur stratégie de marque employeur et leur mise en relation avec les candidats.

Chiffres clés 2024-2026

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accidents du travail

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Pourquoi la santé et la sécurité au travail est devenue un argument de recrutement ?

Pendant longtemps, la SST (la santé et la sécurité au travail) a été perçue comme une obligation réglementaire, gérée par le service RH ou le responsable QSE. Ce temps est révolu. Les candidats - et plus encore les moins de 35 ans - intègrent de plus en plus les conditions de travail réelles dans leur évaluation d’un employeur, avant même la négociation salariale.

Ce changement de comportement se traduit dans les chiffres. Selon l'enquête BMO 2026 de France Travail, 38 % des employeurs qui sont confrontés à des difficultés de recrutement signalent des problèmes liés aux conditions de travail (pénibilité, horaires, ambiance). Et 17 % de ceux qui ont recruté en 2025 déclarent avoir eu du mal à garder leur personnel en raison d’un turn-over important - une proportion qui monte à 27 % chez les employeurs ayant rencontré des difficultés de recrutement.

Source : Enquête BMO 2026, France Travail

Ce que cela signifie pour votre entreprise : les coûts d’un turn-over important (recrutement, formation, perte de compétences) peuvent rapidement dépasser les investissements nécessaires pour améliorer les conditions de travail.

La SST n’est pas une dépense : c’est un investissement dont le retour est quantifiable.

L’image de l’entreprise : le nouveau terrain de bataille du recrutement

La hausse spectaculaire de la citation de l’image employeur comme frein au recrutement dans le BMO 2026 (+15 points en un an !) n’est pas un hasard. Elle reflète une réalité simple : à l’ère des avis en ligne, des témoignages de salariés sur les réseaux et des comparateurs d’employeurs, la réputation RH d’une entreprise se construit ou se déconstruit en dehors de ses murs.

Les secteurs les plus touchés par ce déficit d’image sont, sans surprise, ceux qui combinent des conditions de travail exigeantes et une sinistralé élevée : l’agriculture, l’hôtellerie-restauration, la santé et l’action sociale. Dans ces secteurs, l’image de l’employeur devient un avantage compétitif direct pour celui qui investit dans de meilleures conditions de travail et le documente.

Que cherchent les candidats dans les avis employeurs ?

Les candidats consultent en priorité les témoignages portant sur l’organisation réelle du travail, le management de proximité, la charge de travail et la sécurité. Ce sont précisément les éléments identifiés par l’OIT (Organisation Internationale du Travail) comme les facteurs psychosociaux clés pour l’édition 2026 de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. Une politique SST documentée et communiquée répond directement à ce que les candidats recherchent.

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Santé et sécurité au travail : un levier de marque employeur à ne plus négliger

Le thème 2026 de l’OIT : les risques psychosociaux, désormais un enjeu RH central

Chaque année, l’OIT (L'Organisation Internationale du Travail) choisit un thème pour la Journée mondiale du 28 avril. En 2026, ce thème est sans équivoque : l’environnement psychosocial du travail. L’OIT définit les facteurs psychosociaux comme l’ensemble des éléments liés à la conception, l’organisation et la gestion du travail qui influencent directement l’expérience professionnelle et la santé des travailleurs.

Source : OIT, Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail 2026 

Ce n’est pas un sujet abstrait. En 2024, près de 29 000 accidents du travail reconnus en France sont liés à des affections psychiques ou des risques psychosociaux, soit plus de 5 % de l’ensemble des AT. Et les maladies professionnelles liées aux affections psychiques ont progressé de 9 % en un an.

Source : Assurance Maladie, Eurogip - Sinistralité 2024

Les quatre facteurs psychosociaux à maîtriser en priorité

  • La charge et l’organisation du temps de travail. Objectif : éviter la surcharge chronique et les horaires imprévisibles.
  • La clarté des rôles et des objectifs : des missions floues ou des injonctions contradictoires génèrent stress et erreurs.
  • L’autonomie et le soutien manégérial : le management de proximité est le premier facteur de bien-être - ou de détresse - au travail.
  • L’équité des processus : la transparence des décisions et la reconnaissance du travail réel sont des leviers de fidélisation sous-estimés.

Coût réel de la non-prévention : ce que représente la sinistralité pour votre entreprise

La prévention a un coût. La non-prévention en a un bien plus élevé. Pour un employeur, chaque accident du travail ou maladie professionnelle déclenche un ensemble de coûts directs et indirects souvent sous-estimés.

Les coûts directs

La cotisation AT/MP est calculée en fonction du taux de sinistralé de l’établissement. Une sinistralé élevée se traduit directement par une majoration du taux de cotisation.

Les indemnités complémentaires : selon la convention collective applicable, l’employeur peut être tenu de compléter le maintien de salaire au-delà des prestations de la Cnam.

Le temps de traitement administratif : déclaration de l’AT, suivi du dossier, relations avec l’inspection du travail.

Les coûts indirects

Le remplacement du salarié absent : recrutement d’un intérimaire, formation d’un collègue, perte de productivité.

L’impact sur le collectif de travail : un accident visible affect le moral des équipes et peut accroître l’absentisme.

La réputation externe : un événement grave peut se propager rapidement sur les réseaux sociaux et fragiliser durablement la marque employeur.

Source : Assurance Maladie - Prévention des risques professionnels

Comment valoriser sa politique SST dans sa marque employeur ?

Avoir une bonne politique SST ne suffit pas. Encore faut-il la rendre visible aux candidats, aux salariés et aux partenaires. Voici quatre axes concrets, adaptés à toutes les tailles d’entreprise.

1. Documenter et afficher ses engagements
Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est obligatoire dans toute entreprise dès le premier salarié. Il est aussi un signal fort pour les candidats : le montrer lors d’un entretien de recrutement (ou en mentionner l’existence dans l’offre d’emploi) démontre une démarche structure. L’Assurance Maladie met à disposition des outils en accès libre pour le formaliser, adaptés par secteur d’activité.

2. Former les managers à la prévention
Le manager de proximité est le premier vecteur de la culture SST. Former les encadrants aux risques psychosociaux, aux gestes et postures, et aux signaux faibles de détresse permet d’agir avant que les situations ne se dégradent. L’INRS propose des ressources gratuites de formation à destination des encadrants

3. Impliquer les salariés et faire d’eux des ambassadeurs
La SST ne s’impose pas ; elle se co-construit. Impliquer les équipes dans l’identification des risques, dans la mise en œuvre de solutions et dans la communication externe sur les actions menées (notamment sur les réseaux professionnels), renforce la crédibilité de la démarche. Un collaborateur qui témoigne spontanément de ses bonnes conditions de travail a bien plus d’impact qu’un message institutionnel.

4. Communiquer dans les offres d’emploi et sur la page entreprise
La page entreprise France Travail permet de présenter l’environnement de travail, les avantages salariaux et les conditions d’emploi. Mentionner explicitement les actions de prévention, les équipements de protection, les formations SST ou les résultats obtenus (évolution du taux de sinistralité, certifications MASE, ISO 45001…) est un signal fort à destination des candidats.

Concrètement, par où commencer pour une TPE ou PME ?

Les grands groupes disposent de départements QSE dédiés. Ce n’est pas le cas des TPE/PME, qui représentent pourtant l’essentiel du tissu économique français et des recrutements (les deux tiers des recrutements prévus en 2026 concernent des établissements de moins de 50 salariés, selon le BMO 2026). Voici une progression en quatre étapes accessible à toute entreprise, sans expertise SST préalable.

  1. Mettre à jour ou créer son DUERP. Obligatoire dès le premier salarié, il identifie les risques et déclenche les aides financières possibles. L’Assurance Maladie propose un outil en ligne adapté au secteur d’activité : https://www.ameli.fr/entreprise/prevention-et-securite/prevention-des-risques-professionnels
  2. Contacter son Service de Prévention et de Santé au Travail (SPST). Toute entreprise y est affiliée. Le médecin du travail et l’équipe pluridisciplinaire peuvent réaliser un diagnostic gratuit des risques professionnels.
    Source : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2211
  3. Demander les aides financières prévention de l’Assurance Maladie. Des subventions sont accessibles aux entreprises de moins de 50 salariés pour financer des équipements de protection, des formations ou des aménagements de poste. Elles sont souvent méconnues. Source : https://www.ameli.fr/entreprise/actualites/nouvelle-campagne-dediee-aux-aides-financieres-pour-prevenir-les-risques-professionnels
  4. Valoriser les actions menées dans ses offres d’emploi et sur sa page entreprise France Travail pro. Même une action simple  : sacs ergonomiques, pauses organisées, formation secouriste en entreprise.
    Communiquée clairement est un différenciateur visible pour les candidats.

 

France Travail pro accompagne les employeurs dans leur stratégie de recrutement, y compris en lien avec leur marque employeur. Six employeurs sur dix envisagent en 2026 de passer par France Travail  pro pour recruter (BMO 2026).

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FAQ - Les questions fréquentes des employeurs

La SST est-elle vraiment prise en compte par les candidats lors de leur recherche d’emploi ?

Oui, de plus en plus. Les candidats consultent les avis d’anciens salariés, les témoignages sur les réseaux professionnels et les descriptions de l’environnement de travail avant de postuler. Le BMO 2026 le confirme : 38 % des employeurs en difficulté de recrutement citent les conditions de travail comme frein, et 32 % le déficit d’image de l’entreprise ou du secteur. Ces chiffres sont en forte hausse. Une politique SST visible et crédible est aujourd’hui un élément différenciateur réel dans les secteurs en tension.

Source : Enquête BMO 2026, France Travail

Qu’est-ce que l’ISO 45001 et est-ce pertinent pour une PME ?

L’ISO 45001 est la norme internationale de management de la santé et de la sécurité au travail. Elle s’applique à toute taille d’entreprise et permet d’obtenir une certification reconnue. Pour une PME, elle peut représenter un investissement significatif. Une alternative adaptée est le référentiel MASE (Manuel d’Amélioration Sécurité des Entreprises), plus accessible et très reconnu dans les secteurs de l’industrie et du BTP.

Quelles aides financières existent pour améliorer la prévention dans une petite entreprise ?

L’Assurance Maladie propose plusieurs dispositifs d’aide financière prévention (AFP) accessibles aux entreprises de moins de 50 salariés. Ces subventions couvrent jusqu’à 70 % du montant HT des investissements en équipements de protection ou en formations. Elles sont accessibles par secteur d’activité et souvent méconnues. Contactez votre caisse régionale (CARSAT, CRAMIF, CGSS) pour connaître les dispositifs disponibles dans votre secteur : https://www.ameli.fr/entreprise/actualites/nouvelle-campagne-dediee-aux-aides-financieres-pour-prevenir-les-risques-professionnels

Les risques psychosociaux sont-ils couverts par la réglementation ?

Oui. L’employeur a une obligation générale de sécurité (article L. 4121-1 du Code du travail) qui inclut la prévention des risques psychosociaux. Les RPS doivent figurer dans le DUERP. En cas d’accident reconnu comme lié aux RPS (burn-out, harcèlement, stress chronique), la responsabilité de l’employeur peut être engagée, y compris pénalement en cas de faute inexcusable. Le référentiel de prévention des RPS publié par l’INRS est une ressource de référence : https://www.inrs.fr/risques/psychosociaux.html

Base légale : Article L. 4121-1 du Code du travail

Comment France Travail peut-il aider une entreprise à valoriser sa marque employeur ?

France Travail met à disposition une page entreprise personnalisable permettant de présenter l’environnement de travail, les conditions d’emploi, les valeurs de l’entreprise et les témoignages de collaborateurs. Dans le cadre des difficultés de recrutement, les conseillers France Travail Pro peuvent également accompagner les employeurs dans la rédaction de leurs offres d’emploi pour mieux valoriser leurs atouts. Six employeurs sur dix envisagent de passer par France Travail pour recruter en 2026.

Le secteur industriel est-il particulièrement concerné par les enjeux SST ?

Oui. L’industrie manufacturière, le BTP et le transport figurent parmi les secteurs avec les taux d’accidents du travail les plus élevés. Dans un contexte où l’industrie a besoin de recruter 600 000 personnes durablement en 2026 (objectif de la feuille de route nationale pour l’attractivité et l’emploi dans l’industrie d’avril 2026), la SST devient un argument d’attractivité sectorielle majeur. Les entrées en formation et les immersions professionnelles proposées dans le cadre de la feuille de route incluent des volets prévention SST.

Source : Feuille de route nationale pour l’attractivité et l’emploi dans l’industrie, France Travail - Conseil national de l’Industrie, avril 2026

Passez à l’action

En conclusion

La Journée mondiale du 28 avril 2026 est bien plus qu’une date dans le calendrier. Elle reflète une évolution profonde des attentes des actifs vis-à-vis de leurs employeurs. Dans un contexte où les difficultés de recrutement restent élevées (43,8 % des projets d’embauche jugés difficiles selon le BMO 2026), les entreprises qui investissent dans leurs conditions de travail, qui le documentent et le communiquent, se donnent un avantage compétitif réel. France Travail est à vos côtés pour vous aider à recruter, à former et à fidéliser, dans tous les secteurs et pour toutes les tailles d’entreprise.

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