Pourquoi la reprise d'entreprise reste-t-elle méconnue des chercheurs d'emploi ?
La création d'entreprise occupe une place beaucoup plus visible dans les parcours de reconversion, alors que la reprise d'une structure existante offre souvent un cadre plus sécurisant : un chiffre d'affaires déjà établi, une clientèle existante et une équipe en place permettent de réduire une partie des incertitudes propres à un projet entièrement nouveau.
Ce manque de visibilité s'explique aussi par une méconnaissance des dispositifs d'accompagnement disponibles. Beaucoup de chercheurs d'emploi pensent que la reprise est réservée à des profils disposant déjà d'un capital important ou d'une expérience entrepreneuriale, alors que des solutions de financement et d'accompagnement existent dès le statut de demandeur d'emploi.
Le vieillissement des dirigeants de petites et moyennes entreprises, en particulier dans l'artisanat et le commerce de proximité, crée par ailleurs un besoin croissant de repreneurs dans les années à venir, ce qui représente une opportunité réelle pour les profils en transition professionnelle.
Quelles aides France Travail pour reprendre une entreprise ?
L'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE) permet de percevoir une partie de ses allocations chômage restantes sous forme de capital, versé en deux fois, pour financer le démarrage du projet de reprise.
L'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise (ACRE) donne droit, sous conditions, à une exonération partielle de charges sociales pendant la première année d'activité, ce qui allège sensiblement la trésorerie au moment le plus sensible du projet.
Il est également possible de maintenir une partie de son allocation de retour à l'emploi (ARE) pendant la phase de préparation du projet, sous réserve de rester inscrit comme demandeur d'emploi et de continuer à actualiser sa situation chaque mois.
Un conseiller France Travail spécialisé dans l'accompagnement à la création-reprise peut par ailleurs orienter vers les bons interlocuteurs (CCI, réseaux d'accompagnement, experts-comptables) pour sécuriser le montage juridique et financier du projet.
Comment identifier une entreprise à reprendre ?
Les chambres de commerce et d'industrie (CCI) et les chambres de métiers et de l'artisanat (CMA) tiennent à jour des bourses d'opportunités de reprise, accessibles gratuitement, qui recensent les entreprises à céder par secteur et par région.
Des plateformes spécialisées dans la transmission d'entreprise permettent également de filtrer les annonces par secteur d'activité, taille de structure et montant de reprise envisagé, ce qui facilite un premier ciblage avant tout contact avec un cédant.
Au-delà de la recherche d'annonces, le réseau professionnel reste une source importante d'opportunités : informer son entourage professionnel d'un projet de reprise permet parfois d'identifier une cession qui n'a pas encore été rendue publique.
Quels sont les risques et comment les anticiper ?
Le principal risque d'une reprise mal préparée concerne la surestimation de la valeur de l'entreprise ou de sa rentabilité réelle. Un audit financier et juridique réalisé par un professionnel indépendant du cédant reste indispensable avant toute négociation de prix.
La période de transition avec le cédant, souvent négligée, conditionne pourtant largement la réussite de la reprise : un accompagnement de plusieurs mois permet de transmettre les relations clients, les méthodes internes et la confiance de l'équipe en place.
Enfin, sous-estimer le besoin en fonds de roulement au démarrage est une erreur fréquente. Prévoir une marge de trésorerie suffisante pour les premiers mois, au-delà du seul prix de reprise, évite de fragiliser l'activité dès son lancement.
Ce qu'il faut retenir
- Reprendre une entreprise existante réduit certains risques par rapport à une création ex nihilo (clientèle, équipe, chiffre d'affaires déjà établis).
- L'ARCE et l'ACRE permettent de sécuriser financièrement le démarrage d'un projet de reprise.
- Les CCI, CMA et plateformes spécialisées recensent les entreprises à céder par secteur et par région.
- Un audit indépendant avant la négociation du prix est indispensable pour éviter de surestimer la valeur réelle de l'entreprise.
- La période de transition avec le cédant conditionne en grande partie la réussite de la reprise.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Peut-on toucher le chômage pendant la préparation d'un projet de reprise ?
Oui, sous réserve de rester inscrit comme demandeur d'emploi et d'actualiser sa situation chaque mois pendant toute la phase de préparation du projet.
L'ARCE et le maintien de l'ARE sont-ils cumulables ?
Non, il faut choisir entre le versement en capital (ARCE) et le maintien mensuel de l'allocation (ARE) au moment du lancement effectif de l'activité.
Faut-il un apport personnel pour reprendre une entreprise ?
Un apport reste généralement attendu par les banques, mais son montant varie fortement selon la taille de l'entreprise reprise et les garanties apportées par le projet.
Quel accompagnement existe pour un repreneur sans expérience entrepreneuriale ?
France Travail, les CCI et certains réseaux d'accompagnement proposent des parcours dédiés à la reprise, incluant formation, mentorat et mise en relation avec des experts-comptables ou juristes.
Combien de temps dure en moyenne un projet de reprise, de la recherche à la signature ?
Le délai varie selon la taille de l'entreprise et la complexité du dossier, mais il faut généralement compter plusieurs mois entre l'identification d'une opportunité et la signature définitive.
* source : BPI france