« Dès que je prends la route, j’ai ce sentiment de liberté qui me prend. C’est un métier exigeant, mais vraiment gratifiant »
Le transport, c’est une histoire de famille. « Mon père était déjà chauffeur ! Quand j’étais petit, j'adorais m'asseoir dans son immense camion et mimer ses gestes de pilote », raconte Laurent, qui s’est naturellement tourné vers le conducteur de poids lourd après quelques années en entrepôt à travailler comme cariste. « Je voyais les routiers partir, organiser leur tournée, discuter avec les clients… Je les imaginais partir à l’aventure. Un jour, j’ai donc demandé à passer le permis poids lourd. L’entreprise a accepté, tout est parti de là. »
« Mon camion, c’est mon cocon »
Laurent a passé la formation FIMO, a obtenu les permis C et C1E, puis a enchaîné les premières tournées.
« Je me souviens de ma première livraison longue distance jusqu’à la frontière italienne. C’était comme partir en expédition. »
Aujourd’hui, Laurent parcourt la France et parfois l’Italie, le Benelux ou l’Allemagne. Une semaine type ? « Départ tôt le lundi, souvent entre quatre heures et six heures. Je fais une ou deux livraisons dans la journée, puis un rechargement. La semaine se construit comme ça : rouler, livrer, rencontrer des gens, découvrir des paysages. Je dors parfois dans mon camion, avant de reprendre la route. »
Son véhicule, Laurent le bichonne particulièrement. Attitré à l’année, il reflète sa personnalité : néons, rampe de phares, touches déco. « On y passe beaucoup de temps, c’est presque une petite maison roulante. C’est mon cocon ! » À l’instar de Laurent, papa de deux ados, le métier de chauffeur routier suppose de l’organisation et de la discipline.
« Je m’impose sept à huit heures de sommeil, quelles que soient mes heures de départ. C’est indispensable pour rester vigilant. »
Une histoire de transmission
Transport de marchandises générales, vrac… Laurent ne s’ennuie jamais. Le métier exige également patience et bon relationnel : « On représente l’entreprise à chaque livraison. On apprend à s’adapter à chaque client, à garder son calme, même quand les journées sont longues. » Ce qu’il préfère ? L’autonomie. « Une fois sur la route, c’est à moi d’organiser ma journée dans le respect des règles et des délais. Peu de métiers offrent cette liberté de rouler, de voir du pays, de rencontrer d’autres collègues. Il y a une vraie camaraderie dans ce milieu. Bien sûr, la solitude peut parfois peser les nuits hors de la maison. « Quand on part à la semaine, les week-ends paraissent courts, mais c’est un choix de vie. »
Laurent n’entend pas lever le pied. « J’aimerais passer la spécialisation “matières dangereuses”, ou devenir tuteur pour former les nouveaux chauffeurs. Ça me plairait de transmettre. » Ce secteur en tension offre, en effet, de nombreuses possibilités : chef d’équipe, exploitant transport, formateur, gestionnaire d’entrepôt…
« On peut évoluer sans quitter le monde du transport. »
Et s’il devait recommander ce métier, il n’hésiterait pas une seconde. « Mille fois oui ! On ne fait jamais la même tournée, on se sent utile. Pour quelqu’un qui aime conduire, qui aime bouger et qui veut un métier concret, c’est une super voie. »