ARE, ARCE, Acre : créer son entreprise quand on est chercheur d'emploi, le guide complet 2026

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Vous êtes chercheur d'emploi et vous souhaitez créer votre entreprise ? Trois dispositifs complémentaires s'offrent à vous : l'Acre (exonération de 50 % des charges sociales pendant 12 mois), le maintien partiel de votre ARE pendant la période de lancement, et l'ARCE (60 % de vos droits chômage restants versés en capital). Ces trois aides peuvent se combiner de façon stratégique selon votre projet. Ce guide vous explique tout, clairement, avec les montants 2026 et les démarches à suivre.

Les trois aides à connaître : ARE, ARCE, Acre

Ces trois acronymes désignent trois dispositifs distincts qui peuvent se combiner, sauf ARE et ARCE qui sont mutuellement exclusifs.

L'Acre : exonération de charges sociales

L'Aide à la Création ou à la Reprise d'Entreprise (Acre) est une exonération de 50 % des cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d'activité. Elle s'applique sur : l'assurance maladie, maternité, retraite de base, invalidité, décès et allocations familiales. 

Nouveauté 2026 : depuis le 1er janvier 2026, la demande d'Acre n'est plus automatique. Vous devez la déposer à l'URSSAF dans les 60 jours suivant la date d'ouverture de votre activité. Le justificatif de création (téléchargeable sur le Guichet unique INPI) est obligatoire. Plus d'informations sur le site de l'URSSAF.

Qui peut en bénéficier :

  • tout chercheur d'emploi indemnisé (au titre de l’ARE) ou non indemnisé inscrit 6 mois sur 18 à France Travail,
  • tout bénéficiaire du RSA,
  • tout bénéficiaire de l’ASS,
  • les jeunes de 18 à 25 ans,
  • les salariés d'entreprise en redressement judiciaire,
  • les créateur en Quartier Prioritaire de la Ville (QPV).

À condition de ne pas avoir bénéficié de l'Acre dans les 3 années précédentes.

L'ARE maintenue : continuer à toucher ses allocations en créant

Si vous êtes inscrit à France Travail et bénéficiez de l'Allocation de retour à l'emploi (ARE), vous pouvez maintenir une partie de vos allocations chômage pendant que vous développez votre activité. Depuis le 1er avril 2025, le cumul ARE/revenus d'entreprise est plafonné à 60 % du capital de droits restant à la date de création. Plus d'informations sur France Travail.

Chaque mois, France Travail calcule votre ARE en fonction de vos revenus déclarés d'activité. Plus vous gagnez, moins vous percevez d'ARE, mais vous continuez à en bénéficier jusqu'à épuisement de vos droits, ou jusqu'à ce que vos revenus dépassent le plafond. Vous devez maintenir votre inscription à France Travail et déclarer vos revenus lors de votre actualisation mensuelle.

Avantage : flexibilité mensuelle, filet de sécurité si les revenus tardent à démarrer.

Inconvénient : calcul mois par mois, revenus irréguliers difficiles à anticiper.

L'ARCE : recevoir ses droits chômage en capital

L'Aide à la Reprise et à la Création d'Entreprise (ARCE) vous permet de recevoir 60 % de vos droits ARE restants sous forme de capital, versé en deux fois. 

  • Montant : 60 % des droits ARE restants, après déduction de 3 % de participation aux retraites complémentaires.
  • Versement 1 : 50 % du capital à la date de création (ou d'ouverture des droits si plus tardive).
  • Versement 2 : 50 % restants 6 mois après le premier versement, si vous justifiez exercer toujours l'activité et n'êtes pas en CDI à temps plein.
  • Important : l'ARCE est imposable à l'impôt sur le revenu dans la catégorie traitements et salaires, à anticiper dans votre plan de trésorerie.
  • En cas de cessation d’activité : vous pouvez récupérer les 40 % de droits ARE non consommés en vous réinscrivant à France Travail (après application d'un différé).

Exemple concret : combien peut-on obtenir avec l'ARCE ?

 

  • Vous avez 18 000 € de droits ARE restants au moment de créer votre entreprise.
  • Montant ARCE = 60 % × 18 000 € = 10 800 €, 3 % (participation retraites) = 10 476 € net.
  • Versement 1 à la création : 5 238 €.
  • Versement 2 à 6 mois : 5 238 € (si activité toujours exercée).
  • Il vous reste 40 % des droits = 7 200 € de droits ARE récupérables en cas d'échec.

ARE maintenu ou ARCE : comment choisir ?

Le choix dépend de votre projet et de votre profil de trésorerie. Voici les critères à considérer : 

Choisir le maintien de l'ARE si : 

  • Votre activité démarre lentement et les revenus seront faibles les premiers mois, 
  • Vous avez besoin d'un filet de sécurité mensuel régulier, 
  • Votre projet nécessite peu d'investissement initial, 
  • Vous êtes dans une tranche d'imposition élevée (l'ARCE serait fortement imposée). 

Choisir l'ARCE si : 

  • Vous avez besoin de capital pour financer des équipements, du stock ou des coûts de démarrage identifies, 
  • Vous anticipez des revenus rapides et stables dès les premiers mois, 
  • Vous souhaitez couper le lien avec France Travail et vous concentrer entièrement sur votre activité, 
  • Votre tranche d'imposition est faible (l'ARCE sera peu imposée). 

Consultez l'article sur l'Aide à la Reprise et à la Création d'Entreprise (ARCE) sur francetravail.fr.

Les démarches étape par étape

Étape 1 : Informer France Travail de votre projet 

Dès que votre projet est suffisamment formalisé, contactez votre conseiller France Travail. Il vous accompagnera dans le choix ARE maintenu / ARCE et vous expliquera les conditions applicables à votre situation.

Espace personnel : https://candidat.francetravail.fr/espacepersonnel  

Étape 2 : Créer votre entreprise via le Guichet unique 

Toutes les formalités de création se font sur le Guichet unique de l'INPI : choix de la forme juridique, immatriculation, déclaration d'activité. 

Étape 3 : Demander l'Acre à l'URSSAF (délai : 60 jours) 

Téléchargez le justificatif de création d'activité sur le Guichet unique, puis déposez votre demande d'Acre sur votre espace client URSSAF dans les 60 jours. 

Étape 4 : Choisir et demander l’ARE ou l’ARCE à France Travail 

Si vous choisissez l'ARCE : remplissez le formulaire de demande ARCE auprès de votre conseiller France Travail et fournissez l'attestation d'admission à l'Acre ainsi qu'un justificatif d'immatriculation (Kbis ou synthèse Guichet unique). Si vous choisissez le maintien de l'ARE  : continuez votre actualisation mensuelle en déclarant vos revenus d'activité. 

Ce qu'il faut retenir

  • Acre + ARE ou Acre + ARCE : les deux options sont possibles, ARE et ARCE sont mutuellement exclusifs. 
  • L'ARCE = 60 % de vos droits ARE restants en capital, versé en 2 fois (J0 et J+6 mois), imposable à l'impôt sur le revenu. 
  • Depuis 2026 : demandez l'Acre à l'URSSAF dans les 60 jours, ce n'est plus automatique.
  • En cas d'échec : vous récupérez les 40 % de droits ARE non consommés en vous réinscrivant.

Foire aux questions 


Peut-on bénéficier de l'ARCE si on démissionne pour créer son entreprise ? 
Oui, à condition que votre démission soit reconnue comme légitime (projet de reconversion validé par le CEP) ou que vous ayez travaillé 5 ans chez le même employeur. Dans tous les cas, vous devez d'abord ouvrir des droits ARE avant de demander l'ARCE. 

L'ARCE est-elle cumulable avec les aides régionales et le prêt d'honneur ? 
Oui. L'ARCE est cumulable avec toutes les aides à la création d'entreprise : prêts d'honneur (Initiative France, Réseau Entreprendre), garanties Bpifrance, aides régionales. Elle n'est exclusive qu'avec le maintien de l'ARE. 

Combien de temps peut-on maintenir l'ARE en créant son entreprise ? 
Jusqu'à épuisement de vos droits ou jusqu'à ce que le plafond de 60 % des droits restants soit atteint (depuis le 1er avril 2025). La durée dépend de votre situation individuelle et de vos revenus d'activité. 

Peut-on demander l'ARCE pour une micro, entreprise ? 
Oui, à condition d'avoir obtenu l'Acre au préalable. Pour une micro-entreprise, vous devez fournir à France Travail l'attestation d'admission à l'Acre délivrée par l'URSSAF.