Le développement web est trop souvent perçu comme un métier technique, presque exclusivement masculin. Cette vision archaïque s’ancre malheureusement dès le plus jeune âge dans les mentalités et influence les choix d’orientation scolaire et professionnelle des filles. Selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee)[1], les femmes représentent seulement 23 % des effectifs dans les métiers du numérique en France. Pourtant, les figures pionnières du code étaient féminines, à l’instar d’Ada Lovelace, considérée comme la première programmeuse de l’histoire.
[1] https://www.insee.fr/fr/statistiques/7634470?sommaire=7456956
[2] https://www.genderscan.org/Docs/CP_Etudiants_Ecoles_Ingenieurs_2024.pdf
[3] https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/Institut%20Montaigne-note%20daction-Mobiliser-et-former-les-talents-du-nume%CC%81rique_0.pdf
Et si vous dépassiez les biais culturels et sociétaux ?
Plusieurs facteurs expliquent cette sous-représentation : le manque de modèles féminins visibles dans le secteur, les stéréotypes de genre persistants, mais aussi une méconnaissance des opportunités professionnelles offertes par la tech. À cela s’ajoute parfois un environnement de travail peu inclusif, qui peut décourager certaines femmes.
Selon le baromètre Gender Scan de février 2024[2], plus d’une étudiante sur trois dans les filières tech a été dissuadée de s’engager dans la voie du numérique. Les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à avoir reçu des remarques négatives, notamment sur le fait que « ces métiers ne sont pas faits pour elles ». Une vision erronée qui contribue à freiner leur élan.
Dans le monde du travail, ces biais se traduisent par des comportements discriminants : les femmes sont parfois perçues comme moins légitimes sur des projets techniques ou doivent prouver davantage leurs compétences, ce qui les conduit à un phénomène d’autocensure.
Pourtant, il a été prouvé que les entreprises qui favorisent la diversité, notamment dans leurs équipes de développeurs, sont plus innovantes et performantes. L’inclusion n’est donc pas seulement une question d’équité, mais aussi un levier clé pour renforcer la compétitivité du secteur.
Pourquoi les femmes font-elles d’excellentes codeuses ?
Contrairement aux idées reçues, les compétences nécessaires pour devenir développeur web sont parfaitement accessibles à toutes et à tous. La créativité, la capacité à travailler en équipe, l’analyse et la résolution de problèmes complexes sont des qualités humaines non genrées. Et les femmes apportent le plus souvent une approche différente, plus collaborative : elles sont reconnues pour leur souci du détail et leur capacité à anticiper les besoins des utilisateurs, une compétence très utile dans le développement web, et plus largement dans le secteur du numérique. De nombreuses développeuses peuvent témoigner de leur réussite dans ce secteur. Quelques clés de leur succès ? La persévérance, la curiosité et la volonté d’apprendre dans un domaine en constante évolution.Se former pour devenir développeuse web : comment faire ?
Fort heureusement, les initiatives se multiplient pour encourager les femmes à rejoindre le secteur du développement web. Des organisations comme Program’Her, NOVA in tech, portée par Numeum, et Women in Tech proposent des formations dédiées et des programmes de mentorat pour accompagner les femmes dans leur parcours professionnel. Et pendant la Semaine des métiers du numérique, 3W ACADEMY vous propose des ateliers de live coding pour vous initier au code HTML et CSS !
Les écoles de code, en présentiel ou en ligne, permettent à chacune d’acquérir les compétences nécessaires pour démarrer une carrière dans le développement web. Certaines entreprises de la tech mettent également en place des politiques inclusives pour attirer et retenir les talents féminins.
Est-ce facile d’apprendre à coder ?
Vous êtes nombreuses à vous demander s’il est difficile d’apprendre à coder, surtout lorsqu’on n’a pas de bagage technique préalable. La bonne nouvelle, c’est que la programmation est une compétence accessible, quel que soit le niveau d’étude initial.
Il existe aujourd’hui une multitude de ressources en ligne, gratuites ou payantes, pour se former aux bases du développement web, comme OpenClassrooms, Simplon et la Wild Code School. Par ailleurs, certaines formations intensives, appelées bootcamps, permettent d’acquérir des compétences solides en quelques mois seulement.
Ce qui compte avant tout, c’est la motivation, la curiosité et la persévérance. Apprendre à coder demande un peu de temps et beaucoup de pratique, mais les résultats peuvent être très rapides. En quelques mois, il est possible de réaliser ses premiers projets web et de commencer à envisager une carrière dans le domaine.
Chiffre clé : un salarié sur trois est une femme dans les entreprises de la tech et le secteur a besoin de recruter 130 000 nouveaux profils d’ici 2030.
Les salaires des développeuses web
Le métier de développeuse web est non seulement porteur en termes d’opportunités d’emploi, mais également attractif sur le plan salarial. En début de carrière, une développeuse web peut espérer obtenir une rémunération brute mensuelle comprise entre 2 500 et 3 000 euros, en fonction de la région et du type d’entreprise.
Avec quelques années d’expérience, les salaires commencent à grimper. Un profil confirmé, maîtrisant plusieurs langages de programmation et travaillant sur des projets complexes, peut percevoir entre 45 000 et 60 000 euros bruts annuels. Dans certaines grandes entreprises ou start-up, les rémunérations peuvent même dépasser ces montants, notamment pour des postes de lead developer ou d’architecte technique.
De plus, la possibilité de travailler en free-lance ou à distance ouvre de nouvelles perspectives pour négocier son salaire et adapter son rythme de travail.
Pourquoi est-ce une bonne idée de choisir le métier de développeuse web ?
Le développement web est une porte d’entrée vers des métiers variés et porteurs. Front-end, back-end, full-stack… les spécialisations sont nombreuses, tout comme les opportunités d’emploi disponibles : seul un salarié sur trois est une femme dans les entreprises de la tech, alors que le secteur a besoin de recruter 130 000 nouveaux profils d’ici 2030, dont 55 000 venant de la reconversion, d’après l’Institut Montaigne[3].
e numérique a besoin que les femmes prennent toute leur place dans cette phase de croissance. De plus, les conditions de travail proposées dans la tech – télétravail, horaires flexibles, projets internationaux – séduisent de plus en plus de candidates.
Au-delà de l’aspect technique, devenir développeuse web permet de participer activement à la transformation numérique de la société. En rejoignant ce secteur, les femmes contribuent à façonner les outils et les services de demain, avec une approche plus inclusive et représentative des besoins de l’ensemble de la population.
Alors, pourquoi pas vous ?